Allocution de Gilles BEVILLE - Direction des Politiques de Développement au Ministère Français des Affaires Etrangères
(…) Le premier sentiment est le plaisir de constater l’efficience d’un programme, donc de choix d’axes stratégiques et méthodologiques, qui ont abouti à cette complémentarité entre entreprises du Nord et entreprises du Sud. Plus de 250 binômes d’entreprises constitués en 10 ans, des volumes d’affaires conséquents, des partenariats dans la durée, mais plus encore que ces résultats économiques, je dirais que le programme de compagnonnage industriel, tel qu’il a été mené par ses initiateurs, et je leur exprime à ce sujet la gratitude du ministère des Affaires étrangères, a permis de ré-introduire la prépondérance des rapports humains dans les relations économiques entre opérateurs.
Les valeurs de confiance, de respect des savoir-faire et des cultures, la notion de partenariat dans laquelle chacun doit trouver son avantage, matériel ou immatériel d’ailleurs, montrent bien qu’il est possible d’envisager la création de richesses dans une économie plus humanisée.
(…) Le citoyen, la société civile, les politiques sont de plus en plus sensibles, et à juste titre, à la mise en œuvre de stratégies de développement durable y compris au sein des entreprises. Y répondre peut devenir un plus substantiel, notamment dans le cadre des marchés publics, par exemple, dont la réglementation pourrait évoluer dans ce sens.
Le deuxième sentiment est celui de la satisfaction, notamment du bailleur de fonds, le ministère des Affaires étrangères, qui peut s’enorgueillir d’avoir « placé » ses ressources auprès d’opérateurs, en l’occurrence le réseau Entreprises et Développement et notamment l’ADECI de Marseille, tête de réseau pour les partenariats avec les entreprises du Maghreb, opérateurs qui ont su valoriser les financements attribués et ainsi donner une image positive de l’aide publique au développement. A une période où le souffle politique gonfle les voiles de l’aide publique au développement, ce qui n’a pas toujours été le cas ces dernières années, il me semble particulièrement important de pouvoir mettre sur la place publique les réussites telles celles que semble nous montrer le programme de compagnonnage industriel.
C’est dans le cadre d’actions concertées et partenariales entre les institutions publiques et le secteur privé que se situent les meilleures chances de développement du tissu économique des pays en développement.
Autre sujet de satisfaction pour les services du ministère, est la primauté donnée dans le cadre de ce programme de compagnonnage industriel, au développement de la petite et moyenne entreprise. Ce segment d’entreprises est en effet la cible principale des interventions du ministère, notamment parce qu’il représente le secteur le plus à même de générer des revenus et de créer de l’emploi.
(…) Tous ces motifs de satisfaction énoncés précédemment font que le ministère des Affaires étrangères voit d’un œil très favorable les diverses opérations de restitution de cette expérience de compagnonnage afin de pouvoir mobiliser des soutiens dans la poursuite et l’extension du concept de compagnonnage industriel.
Cette mobilisation s’avère d’autant plus nécessaire qu’une page de nos modes d’intervention vient d’être tournée puisque le rôle du ministère est désormais orienté sur la définition de stratégies et le pilotage de l’opérateur pivot de la coopération qu’est l’Agence française de développement, et non plus sur le soutien à des actions de terrain.
Je ne saurais terminer ce propos sans mentionner le fait que l’exemple du compagnonnage industriel est formellement mentionné dans la stratégie élaborée par le Comité Interministériel pour la Coopération Internationale et le Développement (CICID) et devrait donc lui ouvrir un avenir prometteur.
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